De 2011 à 2017, j'ai tenu un blog sur Mondoblog, la plateforme de RFI. La plateforme a fermé, et ses adresses ne répondent plus correctement. Il a fallu aller rechercher mes propres textes dans les archives du web sans y parvenir en intégralité.

Une pile de vieux journaux vue de côté, les pages serrées les unes sur les autres.

Une adresse qui ne répond plus

« Ma Côte d’Ivoire en lignes » a commencé par un projet WordPress déployé en local. J’ai appris à me familiariser avec l’outil et le serveur WAMP avant d’être admis sur Mondoblog, qui recrutait ses blogueurs sur concours. Premier texte le 10 septembre 2011, dernier le 20 mai 2017. Six ans d’actualité, d’éducation, de sport, de technologie, parfois en nouchi.

Puis le projet s’est arrêté, la plateforme a fermé. L’adresse du blog est restée dans mes papiers, dans des liens partagés, dans des moteurs de recherche. Elle ne mène plus nulle part, plusieurs liens cassés.

On croit, à tort ou à raison, que ce qu’on publie en ligne y demeure éternellement. C’est vrai pour les erreurs qu’on voudrait voir disparaître. Ce l’est beaucoup moins pour des textes qu’on n’a pas pris la précaution de garder.

Ce que la Wayback Machine a rendu

La Wayback Machine, le service d’archives d’Internet Archive, avait photographié le blog comme il le fait pour tout le web. Ce fut ma bouée de sauvetage, mon dernier rempart. C’est de là que tout est revenu : page par page, rassemblé dans un seul fichier, avec un dossier d’images à côté.

Sur le papier, le bilan était bon. Le fichier annonçait 116 images intégrées. Il fallait encore les ouvrir une par une.

Ce qu’elle n’a pas rendu

Une vingtaine de ces fichiers n’étaient pas des images. C’étaient des pages d’erreur de l’archive, enregistrées sous un nom d’image : toutes illisibles. Un vingt-deuxième manquait tout simplement. Restaient 94 images réelles.

Le reste du bilan :

  • 71 textes récupérés, et deux connus mais perdus : « La course au pouvoir », et un billet sans titre ;
  • deux textes sans date retrouvée ;
  • aucun lien hypertexte : pas un seul n’a survécu à la récupération ;
  • huit vidéos et sons, appelés par des codes que plus aucun outil ne comprend, et qui s’affichaient en toutes lettres.

Le décompte annoncé était faux avant même la première conversion. Une archive dit ce qu’elle contient. Elle ne garantit pas que ce soit lisible.

Remettre en ligne, sans retoucher

Ces textes sont de nouveau en ligne, rangés à part, sous le Blog. Tels qu’ils étaient : sans correction, sans réécriture, sans tri. Les images perdues ont été retirées plutôt que remplacées, les médias sont devenus de simples liens, vérifiés un par un.

La tentation était grande de corriger une faute, de reprendre une tournure de 2012. Je me suis abstenu. Une archive qu’on retouche cesse d’être une archive : elle devient une réécriture qui porte une vieille date. J’ai donc redécouvert ma plume, moins mature, moins sûre, plus tremblante, mais plus vraie.

La leçon : un texte publié chez un autre ne vous appartient qu’à moitié

Mondoblog n’a rien fait de travers. Tout a une fin. Rien ne résiste au temps, fort heureusement. C’est dans l’ordre naturel des choses. Mais ce jour-là, ce qu’on y a écrit dépend de ce qu’un tiers a bien voulu archiver, et de l’état dans lequel il l’a fait.

Ce blog m’a appris à écrire en ligne. Sa fermeture m’a appris à garder ce que j’écris.